" La Cote d’Ivoire ne
participera plus aux
sommets
Franco-africains,
folklore ou l’ancienne
puissance
coloniale étale sa
suprématie impériale
face à ses sujets
dociles servant de
décor à une opération
de relation
publique, mais militera
pour leur
remplacement par des
sommets Afrique-
Europe plus adaptés
à la réalité
internationale actuelle.
. "

Dr.Tiemoko Coulibaly
President de L'Alliance
Nouvelle Vision
LA REVENDICATION DE LA SECONDE
INDEPENDANCE DE LA COTE D’IVOIRE :
LA PERTINENCE ET LA LEGITIMITE D’UNE
CAUSE JUSTE


Un éminent politologue français dont je ne partage pas toujours les
analyses teintées d’ethnocentrisme ou d’une condescendance bien
française, Jean-François Bayard, quelques semaines après le début
de la rébellion en septembre 2002 avait déjà pressenti avec
justesse ce thème de l’indépendance de la Cote d’Ivoire comme
élément fondamental du malaise et de la crise ivoirienne.

Il n’est pas contestable que la tutelle française existe bel et bien
en Cote d’Ivoire et qu’elle est une partie fondamentale du drame
ivoirien. Ce problème ne saurait être nie ni passé sous silence
notamment si les efforts de la “communauté internationale”
(malheureusement si souvent a la remorque de la France) pour
instaurer la paix doivent avoir une seule chance d’aboutir un jour.
Citons Jean-François Bayard : “La Cote d’Ivoire vit, en effet, sa
seconde indépendance. (…) Les élites ivoiriennes, intellectuels et
fonctionnaires, se sentent prives des fruits de l’indépendance. La
rancœur, d’autant plus violente qu’elle a été longtemps refoulée
alimente un nationalisme aux accents simplistes  (…) Voila donc la
France piégée, partie prenante d’un conflit ivoiro-ivoirien qui lui
échappe” (L’Express du 31 octobre 2002).

Bien évidemment, il ne s’agit pas de “rancœur” ou d’un simple
“nationalisme aux accents simplistes” comme le croit naïvement
Jean-François Bayard mais de quelque chose de beaucoup plus
substantiel, d’un mouvement historique de fond qui s’appuie non pas
sur un mouvement d’humeur, sur la “rancœur” ou le désespoir mais
bien sur le refus de l’humiliation coloniale et sur la quête de la
dignité et de la liberté.

Les Ivoiriens, qui ne saurait être des sous-hommes ou des citoyens
de seconde catégorie dans leur pays, n’auront donc aucun complexe a
revendiquer leur indépendance a la patrie de Jean-François Bayard,
surtout ceux qui ont toujours dénonce en l’ivoirité ce dangereux
ultra nationalisme raciste, xénophobe et tribaliste.

De la même façon que les Français ont fini, après avoir massivement
et honteusement collabore avec l’occupant, par dénoncer l’
Occupation de la France par l’Allemagne nazie, de la même façon les
Ivoiriens de la nouvelle génération rejette l’attitude de collabos de
leurs aines et refusent, de façon consciente, en pesant et assumant
toutes les conséquences en toute connaissance de cause, de
continuer a se soumettre a l’humiliante tutelle française qui
empêche en fait tout véritable développement. De la même façon
que la tutelle syrienne est aujourd’hui combattue au Liban par la
nouvelle génération, de la même façon la pesante tutelle française
est combattue en Cote d’Ivoire par la nouvelle génération.

Il va sans dire, qu’en Cote d’Ivoire comme ailleurs, la démocratie, la
paix, l’unité nationale et le développement ne peuvent se construire
dans la haine ivoiritaire ou dans l’humiliante servitude néocoloniale :
tel est le fil d’Ariane de mon engagement intellectuel depuis plus de
15 ans. Car l’idéologie coloniale et la rhétorique ivoiritaire puisent
aux même sources de la haine ethnique et raciale qui bafouent la
dignité humaine et l’éthique démocratique.

Voila plus de 15 ans, j’ai entamé intellectuellement ce combat
politique pour l’indépendance de mon pays dans mes travaux d’
historiens a la Sorbonne des le début des années 90. La Cote d’
Ivoire doit se libérer de l’emprise néocoloniale pour enfin décider
de son destin de façon souveraine : la est ma conviction ancienne,
mon engagement permanent et tout mon itinéraire intellectuel en
tant qu’historien s’est forge autour du thème de l’indépendance de
la Cote d’Ivoire, thème auquel j’ai consacre de nombreuses années
de recherches universitaires  et qui fut le sujet de mon Mémoire
de Maîtrise a la Sorbonne (1990) et de ma thèse de doctorat en
Histoire a la Sorbonne (1997) a un moment ou ce sujet n’intéressait
que très peu de personnes et était confine dans des milieux
académiques tendis que le débat sur le néocolonialisme français
était totalement absent d’un paysage politique ivoirien sous
influence française.  

Par ce qu’il est essentiel de bien connaître l’histoire de la Cote d’
Ivoire pour mieux engager les combats du présent et du futur, le
lecteur trouvera au lien suivant une synthèse de ma thèse de
doctorat publiée il y a près de dix ans dans la revue universitaire d’
histoire africaine “Clio en Afrique” (numéro 2, été 1997), thèse
dans laquelle j’ai dénonce et condamne sévèrement tous les partis
et politiciens ivoiriens aliénés qui ont catégoriquement refuse l’
indépendance de notre pays et qui nous oblige aujourd’hui a mener
ce combat  :

http://www.up.univ-mrs.fr/wclio-af/numero/2/theses/coulibaly.html

Dans cette thèse de doctorat, La question était pour moi simple et
paradoxale : pourquoi les élites ivoiriennes colonisées -  dont le
peuple était bafoue dans sa dignité par le système colonial et
aspirait a la liberté - refusaient-elles catégoriquement l’
indépendance de leur pays tendis qu’ailleurs, dans ces années de
décolonisation, des peuples et leurs leaders exigeaient, parfois par
les armes, leur indépendance politique ? Et quand cette
indépendance fut imposée ou “octroyée” par la puissance coloniale
française fragilisée par l’onde de choc de la décolonisation, pourquoi
ces mêmes élites ivoiriennes se sont-elles accrochées a l’ancienne
puissance métropole coloniale au point d’aliéner totalement leur
indépendance formelle ?
"La Cote d’Ivoire de ces
quinze dernières années
a souffert et continue de
souffrir de deux graves
maux : l’ivoire d’une part
et d’autre part l’
encombrante tutelle
française qui pose de
façon fondamentale la
question de l’
indépendance de notre
patrie. .  .."

Dr.Tiemoko Coulibaly
President de
L'Alliance Nouvelle Vision
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