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Dr TIEMOKO COULIBALY : « LE 04 OCTOBRE, OUATTARA M’A DIT QUE BÉDIÉ
SERA DE NOUVEAU UN TRES BON PRÉSIDENT »     
    

Première partie d’un entretien inédit sur les grandes questions nationales et
sur les acteurs de la politique ivoirienne.
Historien diplômé de la Sorbonne en France, le Docteur Tiémoko Coulibaly
analyse la crise ivoirienne, des origines aux solutions proposées. Le candidat
déclaré à la présidentielle prochaine, tel qu’il se présente, ne manque pas de
parler des ténors actuels de la politique ivoirienne. Il révèle même avoir eu un
« tête-à-tête » avec le leader du Rassemblement des républicains (Rdr),
Alassane Dramane Ouattara. Tiémoko Coulibaly parle également du premier
président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny dont il décrit la responsabilité dans
la crise militaro-politique actuelle.
Interview.
Dr Tiémoko Coulibaly, un site Internet vous
présente, depuis le 25 janvier dernier, comme
un homme politique ivoirien.
Revendiquez-vous ce site ?

Tout d'abord, je voudrais saluer toute la Cote d'Ivoire
et le grand peuple ivoirien avec lequel nous
souffrons tous à distance. Nous devons nous unir
pour sauver notre pays qui est plus important que
nos différences, aussi légitimes soient-elles.
Il faut donc agir. C'est pourquoi, avec des compagnons de lutte, nous avons lancé ce site
internet :
www.tiemoko2005.com, pour lancer la dynamique du changement et
reconstruire notre pays. J'invite donc les Ivoiriens à aller sur ce site pour s'imprégner de
notre vision et projet de société pour notre Mère Patrie.   

Comment jugez-vous l’accord de Linas Marcoussis, deux ans après ?
L'accord de Marcoussis est la conséquence de l'échec absolu de toute la classe politique
ivoirienne depuis le lancement du concept de l'Ivoirité par M. Konan Bedié. Si M. Laurent
Gbagbo avait bien géré ce pays, évité les tensions qu'il n'y aurait pas eu la rébellion.
Encore moins l'implication de la Communauté internationale en Côte d'Ivoire. Donc,
Marcoussis fut un mal nécessaire, qui a permis d'identifier nos problèmes (nationalité,
foncier rural, éligibilité, déficit démocratique, impunité, corruption, crimes économiques et
de sang, élections mal organisées, Ivoirité, etc.). Et de dégager des perspectives de
solutions. J'ajoute que Marcoussis a été approuvé par tous les partis politiques qui y
étaient. Je regrette que ces parties n'honorent pas leurs engagements de façon pleine,
jusqu'à aujourd'hui. Faut-il s'en étonner ?

Non ! Dès janvier 2003, j'avais publié un article dans "Africa International" dans lequel je
disais que la résolution de la crise était mal partie, dès lors qu'on confiait aux
responsables de la crise, aux pyromanes, le soin d'éteindre le feu qu'ils avaient allumé. Il
aurait fallu confier cela à des équipes indépendantes des parties responsables de la
crise.  On ne peut tracer une ligne droite avec une règle tordue.   

Pour vous, Marcoussis est donc une «règle tordue».   
Quand je dis qu'on ne trace pas une ligne droite avec une règle tordue, cela signifie
qu'on ne peut pas résoudre les problèmes créés par nos politiciens avec les mêmes
partis tribalistes et  leaders "tordus", avec une classe politique défaillante, irresponsable
et corrompue. C'est la classe politique ivoirienne que j'incrimine à travers cette
expression. Tant que la Côte d’Ivoire n'aura pas de bons leaders intègres, compétents,
unificateurs, rien n'avancera. A Marcoussis, la Communauté internationale a fait ce
qu'elle pouvait faire rapidement pour éteindre le feu en catastrophe et limiter la tragédie,
les tueries, et éviter la reprise de la guerre. Marcoussis n'est pas un accord parfait. Mais,
il a le mérite d'exister. Mais, c'était une erreur capitale de remettre au centre de la
résolution de la crise les pyromanes qui l'ont provoquée.  Ils constituent le problème, ils
le créent. Ils ne peuvent donc être une solution crédible. Résultats : nous sommes allés
de blocages en blocages, car chaque acteur a peur d'un changement qui pourrait le
conduire devant la Justice pour ses crimes économiques et de sang, non amnistiables,
selon Marcoussis.   

Vous qui êtes originaire du Nord de la Côte d’Ivoire, pensez-vous que cette
crise résulte de l’opposition entre Nordistes et Sudistes, ou Musulmans et
Chrétiens, comme cela a été présenté?
  

La guerre que vit la Cote d'Ivoire est la conséquence de l'échec total de la classe
politique. S'il y a aujourd'hui une division Nord-Sud, cela ne relève pas de la fatalité : cela
a été créé de toutes pièces par des mauvais leaders. La première qualité d'un leader,
c'est sa capacité à rassembler les gens, à les unir. Chez nous, nos leaders ont divisé le
pays par le tribalisme et créé artificiellement des divisions. Le tribalisme est une
construction artificielle, une perception créée de toutes pièces par des propagandes
ethniques et des stratégies de leaders. Ces leaders pensent que pour avoir la sécurité
pour leur pouvoir, pour durer, ils doivent s'appuyer sur leur groupe ethnique. Hier, à
l'époque d'Houphouët et du Sanwi, on a eu des divisions au sein du groupe akan entre
baoulé et agni. Puis ce fut à l'époque du Guebié, la division entre Bété et Baoulé. Puis,
plus récemment entre "Nord" et "Sud" et je mets entre guillemets ces termes
géographiques qui sont simplificateurs.

Je dis aujourd'hui au Peuple ivoirien, qui a une longue tradition de tolérance, qu'il n'y a
pas d'Ivoiriens du Nord, pas d'Ivoiriens du Sud, de l'Est ou de l'Ouest. Il y a un seul
peuple, un seul pays, un seul destin : la Côte d'Ivoire. Ce qui nous unit est de loin plus
fort que ce qui nous sépare. Nous devons chasser du pouvoir tous les politiciens
tribalistes et corrompus qui nous ont divisé : ce sont des bombes ambulantes qui feront
exploser tout processus de paix, de réconciliation. Chassons le trio infernal et ses alliés
de la rébellion qui nous divisent et qui n’ont aucun intérêt à l'unité de la paix. Avec un
leadership responsable, visionnaire, intègre, unificateur, les Ivoiriens se retrouveront
ensemble rapidement. C'est l'objectif de ma candidature : unir les Ivoiriens en mettant fin
au tribalisme, à la xénophobie, au racisme. A cet égard, les lois contre les incitations à la
haine seront renforcées et appliquées en toute rigueur. La justice est le meilleur anti-
dote à de telles dérives sanglantes. Bien entendu, il faudra promouvoir une éducation à
la tolérance. Et l'école et les medias publics joueront tout leur rôle une fois que le peuple
m'aura investi de sa confiance.          

Dans une contribution donnée à un journal français, en octobre 2000, vous
écriviez que : « L’héritage empoisonné de Félix Houphouët-Boigny est
incontestablement le premier drame de la Côte d’Ivoire. Pensez-vous que le
premier président ivoirien est pour quelque chose dans la crise actuelle ?   
  
Houphouët-Boigny a également des responsabilités dans la crise ivoirienne. En
particulier, il a préparé une très mauvaise succession en voulant faire absolument de
Bédié son successeur, malgré les implications de celui-ci dans différents scandales.
Bédié n'avait pas la hauteur intellectuelle et morale pour diriger ce pays. Mais Houphouët
en a fait son successeur en justifiant cela de la pire façon : "mon successeur doit être un
Baoulé". Bien entendu, cela n'a pu que susciter des frustrations dans les autres groupes
ethniques. La politique tribale a aussi ses racines à l'époque d'Houphouët.  

Ensuite, la conception forte chez nos politiciens que la politique ne vise qu'à s'enrichir
date d'Houphouët-Boigny. Il n'a jamais sanctionné qui que ce soit pour pillage des
ressources publiques. S'il l'avait fait, Bédié aurait été écarté depuis belle lurette en
raison notamment de son implication dans les malversations concernant les complexes
sucriers dans le Nord quand il était ministre. La politique du ventre (la corruption) et la
politique de l'impunité que nous connaissons aujourd'hui ont leurs  racines à l'époque
d'Houphouët-Boigny.  A la décharge d'Houphouët, je dirais qu'il avait un doigté politique
que ses successeurs n'ont pas eu. Il savait éviter de franchir les lignes rouges qui font
imploser les sociétés. Bédié, avec l'ivoirité, a franchi toutes les lignes rouges de
l'intolérance, du tribalisme. Pouvait-on s'en étonner quand on sait que pour un simple
doctorat, Bédié a dû frauder comme l'a expliqué dans un fameux  livre mon défunt ami
Jacques Baulin (voir Jacques Baulin, "La succession d'Houphouët-Boigny") ? Pour moi, le
plus grand cadeau empoisonné qu'Houphouët a laissé au pays fut le tribalisme et Bédié
en est le symbole.    

En des termes très simples, l’«Ivoirité», c’est quoi pour vous ?   
En des termes simples, je dirais que l'ivoirité se situe historiquement dans la famille du
nationalisme avec des gens bien connus comme Hitler, Milosevic, Habyarimana. C'est un
discours irrationnel basé sur l'émotion, le coeur et visant à entretenir le mythe de la
société pure, et plus particulièrement de la pureté des dirigeants qui en raison de cette
pureté sont les seuls dignes de régner, d'avoir le pouvoir. Ainsi, Bédié qui voulait garder
le pouvoir coûte que coûte  inventera l'ivoirité pour dire qu'Alassane Ouattara est
Burkinabé et donc dès lors ne doit pas s'ingérer dans les affaires ivoiriennes. Et comme
tout cela est intervenu dans un contexte de tribalisme ancien dans lequel les gens du
Nord - tout comme les Bété - se sentaient marginalisés politiquement depuis longtemps,
les gens du Nord se sont reconnus en Alassane Ouattara de façon spontanée.

Il est vrai aussi que la rhétorique sur les Ivoiriens "vrais" et de "circonstance", les
difficultés d'obtention des cartes d'identité, l'attitude discriminatoire de l'administration
dans la délivrance des cartes d'identité ont favorisé la solidarité des gens du Nord avec
Ouattara qui était aussi attaqué sur ses problèmes de nationalité, de carte d'identité.  
Bédié, plutôt que de cibler seulement Ouattara sur ses attitudes personnelles se
revendiquant d'une autre nationalité dans le passé, a également touché toute une
communauté du Nord. Du coup, celle-ci a fermé les yeux sur les problèmes personnels
de Ouattara qui ne sont pas exactement ceux du Nord. Ouattara exploite cela pour
manipuler les gens du Nord, obtenir leur soutien. C'était de la manipulation pure et
simple mais basée sur des problèmes réels d'une communauté victime de préjugés
négatifs sur ses origines ivoiriennes.  La preuve de la manipulation :
Ouattara a soutenu toutes les politiques ivoiritaires défavorables aux gens du Nord,
comme la politique d'identification de Gbagbo. Il a aussi créé les cartes de séjour dont se
plaignaient aussi les gens du Nord assimilés à des étrangers par des policiers zélés.
Ouattara a acheté à Abidjan deux maisons avec des documents d'identité burkinabé
dans les années 80 en Côte d'Ivoire, dans son propre pays : ce fait est incontesté,
reconnu par Alassane Ouattara lui-même et ceci n'a rien à avoir avec les problèmes des
gens du Nord qui ne veulent que leur reconnaissance en tant qu'Ivoiriens et l'égalité
absolue en droit. Et en appelant à voter ensuite pour l'article 35 qui indique que tout
citoyen ayant d'autres nationalités ou s'étant prévalu d'une autre nationalité est
disqualifié, Ouattara s'est lui-même disqualifié et a donné à la Cour suprême des armes
objectives pour le mettre hors-jeu.

Après le vote du référendum, le RDR ne s'était toujours pas rendu compte de son erreur
extraordinaire : Henriette Diabaté a déclaré au lendemain du référendum que l'adoption
du OUI était une "grande victoire" pour son parti. D'où vient-il aujourd'hui qu'ils disent
qu'ils ont été trompés par Guéi Robert à la veille du vote ?  Pour ma part, j'ai été très
proche de Ouattara en 1999 et je lui ai dit que le vote en faveur de cet article 35 était
une grosse erreur. J'ai rompu avec lui à cette occasion. Il m'avait dit que "L'Histoire
jugera". Aujourd'hui l'Histoire a jugé et m'a donné raison puisque Ouattara se débat
aujourd'hui de façon pitoyable pour le changement de l'article 35, demandant même la
suspension de la Constitution. On ne change pas une Constitution pour un individu.  Je
dis à mon ami Ouattara que l'Histoire lui a donné tort et m'a donné raison : qu'il se retire
de la vie politique car sa candidature est un obstacle à la réconciliation nationale. Que
Bédié et Gbagbo se retirent également.

Le 4 octobre dernier, j'ai eu un long tête-à-tête avec Ouattara à Washington auquel je
n'avais plus parlé depuis notre rupture de 2000. C'était pour lui faire comprendre qu'il ne
pouvait se poser en victime de l'ivoirité et faire alliance avec Bédié, le père de l'ivoirité. Il
m'a répondu que Bédié sera de nouveau un très bon président et que je devais au
contraire attendre plus tard pour ma candidature car j'étais encore jeune. Leur
génération avait encore 10 ans à faire, disait-il. J'en suis sorti choqué et j'ai compris que
Ouattara n'avait rien compris, ni rien appris de toutes ces années de difficultés pour lui.
Une chose est claire : Ouattara ne pourra plus être Président de la Côte d'Ivoire à cause
de ses propres incohérences et de la détermination de ses adversaires.  L'alliance Bédié
- Ouattara prouve que les politiciens ivoiriens ne peuvent exister que par la division
tribale du pays et qu'ils sont totalement incohérents.

Qui s'assemble se ressemble. Ceci doit cesser. Je demande aux gens du Nord qui se
laissent manipuler par Ouattara de sortir de l'envoûtement tribal qu'il exerce sur eux. Si
Ouattara a acheté des maisons à Abidjan avec des passeports étrangers pour ensuite
aller voter un article 35 qui l'élimine sur cette base, ceci n'a rien à voir avec les
problèmes de discrimination des gens du Nord. Ouattara doit assumer seule cette
responsabilité strictement personnelle. Si le Nord veut un Président enfin, ce qui est
légitime, ce ne sera pas Ouattara. Il y a un mur trop élevé qui se dresse devant, et ce
mur-là, Ouattara ne pourra pas le sauter cette fois-ci. Un Président du Nord est
désormais possible en Côte d'Ivoire mais celui-ci doit être acceptable par les autres
Ivoiriens du Sud pour permettre la réconciliation Nord-Sud et un nouveau départ pour
notre pays. J'incarne cette candidature de l'unité et du renouveau. Comme mon arrière
grand-père Gon Coulibaly l'avait fait avec Houphouët-Boigny sous la colonisation, je
reconstruirai cette unité Nord-Sud en la modernisant, c'est-à-dire sur des bases de
justice, d'égalité, de respect mutuel conformément à l'Etat de droit.   

Est-ce que vous ne vous contredites pas quand vous dénoncez l’Ivoirité et qu’
au même moment vous militez contre la modification de l’actuel article 35 de la
Constitution?
  
Sur mon site internet, l'Alliance Nouvelle Vision, mon parti a expliqué de façon détaillée,
longue notre position sur l'article 35 de la Constitution.  Nous sommes contre l'article 35
pour ses aspects discriminatoires liés à la résidence par exemple : au nom de quoi un
Ivoirien doit-il résider absolument en Côte d'Ivoire 5 ans avant la présidentielle pour être
éligible sauf s'il est diplomate, représentant de la Côte d'Ivoire à l'étranger ou en exil
politique comme moi ? Au nom de quoi doit-il être de père et de mère Ivoiriens eux-
mêmes d'origine ivoirienne alors que beaucoup de nos frères et soeurs issus de
l'immigration se sentent totalement Ivoiriens et ne connaissent que ce pays où ils sont
nés ? C'est pourquoi l'Alliance Nouvelle Vision (ANV) estime qu'il faudra changer l'article
35 le moment venu pour faire des progrès sur les clauses discriminatoires sur les
origines, la résidence et l'âge par exemple.  

Par contre l'Alliance Nouvelle Vision considère qu'il faut établir les priorités et les
urgences dans la situation actuelle totalement provoquée par une classe politique
criminelle, corrompue et tribaliste. Il faut résoudre notre grave crise de leadership
d'abord : c'est la priorité des priorités. Qui peut croire qu'avec le trio infernal Bédié-
Gbagbo-Ouattara et leurs partis régionalistes, il y aura la paix et la réconciliation des
Ivoiriens ? Tout le monde sait que la paix est impossible avec ces bombes ambulantes et
leurs partis. Et tout le monde sait que Bédié, Gbagbo et Ouattara n'iront pas devant la
justice avant la présidentielle de 2000. La première chose à faire est de les mettre à
l'écart avant la présidentielle prochaine. A cet égard, l'article 35 est l'arme de destruction
massive contre le trio infernal impliqué dans toutes sortes de crimes, d'actes de
corruption, d'actes contraires à la probité et à la morale. Or l'article 35 exige des
candidats de "bonne moralité" et de "grande probité". C'est-à-dire que des candidats qui
sont impliqués dans des crimes et qui n'ont pas été jugés parce qu'ils manipulent la
justice seront recalés.  La jurisprudence de la Cour suprême établie en 2000 est
particulièrement claire et efficace. L'ancien ministre Lamine Fadika a été écarté
simplement pour avoir emprunté de l'argent qu'il a omis de rembourser.

Si Lamine Fadika a été écarté pour cette raison somme toute mineure, Bédié ne peut qu’
être écarté pour ses malversations et les crimes de l'ivoirité contre des Burkinabè et des
Ivoiriens en 1999 à Tabou, Laurent Gbagbo ne peut qu’être écarté pour ses crimes, ses
escadrons de la mort, Alassane Ouattara sur lequel pèse plusieurs accusations de
corruption quand il était Premier ministre ("Affaire Ouattara vend et rachète") sans
compter les accusations de ses détracteurs dans ses liens avec le criminel Soro
Guillaume ne peut qu'être écarté. Ouattara a déjà été écarté par la Cour suprême pour
moralité et probité douteuse, donc il n'a aucune chance de passer ce test de nouveau.

Tous ces gens, ces leaders qui ont bénéficié de la complicité des responsables de leurs
partis n'ont pas "la bonne moralité" et la "grande probité" exigée par le législateur
ivoirien et la Cour suprême. L'arrêté de la Cour suprême de Tia Koné est bien écrit sur
cette rubrique de la probité et de la moralité. Cette jurisprudence doit être appliquée à
tous les candidats, en toute égalité et transparence conformément à la Constitution et à
l'article 35 adoptés par le trio infernal Bedié-Ouattara-Gbagbo. A cet égard, j'ai une
nouvelle pour Laurent Gbagbo : aussi Président soit-il, il ne sera pas éligible. La Cour
suprême devra être impartiale : on y veillera. Et la dernière accusation de l'ONU sur les
escadrons de la mort imputée à sa femme et à son ministre Lida Kouassi l'atteint
directement sur le plan politique et moral.

La Côte d'Ivoire n'a pas besoin d'avoir un Président mondialement accusé de crimes de
sang graves. Sur ce point de l'article 35, Marcoussis est totalement  incohérent et
contradictoire : Marcoussis exige la fin de l'impunité pour les crimes économiques et de
sang commis par la classe politique et en même temps préconise la modification de
l'article en éliminant les clauses sur la probité et la moralité des candidats à la
présidentielle. C'est une erreur grossière et le référendum permettra de réparer cela.

Voila pourquoi l'ANV m'a demandé de lancer la "campagne probité 2005" pour un
leadership intègre et de mettre en place un comité du non pour voter contre cette
modification de l'article 35 au référendum de cette année. Une fois au pouvoir et la vieille
classe politique corrompue chassée, l'ANV proposera la modification de l'article 35 avant
les élections de 2010 pour donner à tous les Ivoiriens qui le souhaitent, qui sont
compétents et intègres, de briguer la magistrature suprême. Qui peut refuser qu’à la tête
d'un pays il y ait un Président intègre, honnête, de bonne moralité et de grande probité
dans un contexte international où tout le monde refuse l'impunité et exige la bonne
gouvernance des dirigeants ? Notre position est totalement cohérente avec notre objectif
fondamental de donner à la Côte d'Ivoire un leadership intègre et non criminel. C'est un
enjeu fondamental.   

Comme Ouattara, vous venez du nord et vous dénoncez l’«Ivoirité », la
xénophobie, le tribalisme,…Pourquoi ne pas le rejoindre pour former une seule
équipe ? Lui au moins à l’avantage d’être plus connu ici comme sur le plan
international, n’est-ce pas ?
  
Ce qui est important en politique, c'est la vision. Le Nord est pluriel et n'est la propriété
de personne.  Mamadou Koulibaly proche de Gbagbo, Ben Soumahoro, Lamine Fadika,
Laurent Dona Fologo, Soro Guillaume, Ibrahim Coulibaly (IB), Bamba Moriferé, etc., tous
ces gens viennent du Nord mais ont des positions différentes sur la crise ivoirienne, sur
Ouattara, etc. Tous ces gens ne soutiennent pas non plus Ouattara parce qu'il est du
Nord et certains d'entre eux l'attaquent même de façon virulente. On ne va pas suivre
quelqu'un parce qu'il vient du même village que vous : essayons de sortir de
l'envoûtement tribal que nos politiciens utilisent pour diviser et manipuler les Ivoiriens.   

La politique est une question de vision politique, d'objectifs politiques, de projet. Vous
êtes avec ceux qui partagent les mêmes visions, les mêmes valeurs quelles que soient
leurs origines ethnique, raciale, etc. Ma patrie n'est pas mon ethnie, mais des valeurs de
liberté et démocratie en lesquelles je crois et bien sûr mon pays que j'adore. Ouattara et
moi sommes sur des planètes politiques différentes. Il m'a dit qu'il préférera soutenir
Bédié, le père de l'ivoirité, s'il n'est pas candidat lui-même plutôt que moi.  Je dénonce
l'ivoirité mais Ouattara soutient l'ivoirité. J'ai dénoncé en son temps l'article 35, Ouattara
l'a soutenu. J'ai dénoncé la politique d'identification de Gbagbo qui disait que pour être
Ivoirien, il faut montrer un village en Côte d'Ivoire : Ouattara l'a soutenu. J'ai dénoncé le
vote du texte sur le foncier rural en 1998 : les députés RDR de Ouattara l'ont soutenu.
J'ai critiqué les cartes de séjour instaurées par Ouattara car ça divisait le pays.


Je suis pour la transparence dans la gestion des fonds publics, Ouattara a fait preuve
d'opacité dans ses privatisations. Je suis pour la démocratie, le 18 février 92, Ouattara a
fait arrêter les leaders de l'opposition et des militants des droits humains. L'escroquerie
morale organisée par Ouattara à l'égard des Nordistes doit cesser car tous les textes
ivoiritaires qu'il a adoptés étaient contre les intérêts de la base des militants RDR et des
gens du Nord et aussi contre la Côte d'Ivoire et la démocratie.  Enfin Ouattara a dit dans
une interview récente qu'il était pessimiste pour le futur de la Côte d'Ivoire ; moi je suis
optimiste, motivé, déterminé à me battre pour mon pays.

On ne construit rien de grand avec le pessimisme. Ouattara est fatigué et pessimiste : il
n'incarne pas le futur de notre pays qui a besoin d'air frais, de sang neuf pour avancer.  
Un leader politique doit avoir des principes et s'en tenir. Ouattara est une girouette, un
homme sans principes et sans conviction tout comme Bédié et Gbagbo qui ne se battent
que pour leurs propres intérêts personnels et de clan. Je suis un homme constant
engagé dans la lutte pour les grandes valeurs démocratiques et pour la renaissance de
mon pays. Mes écrits le prouvent. La priorité de Ouatara, Bédié, Gbagbo, ce sont leurs
intérêts personnels ; mes priorités sont celles de la démocratie et du peuple ivoirien.>>>

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Auteur: Barthélemy kouamé
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A. N. V