Photo: Phil Nomel
Après de longs et houleux débats,
les Ivoiriens vivant aux États-Unis
sont parvenus à l’essentiel: la tenue
des élections en octobre.
les invités du jour ont chacun donné leur avis pour le retour de la paix. Franck Zoko
(Secrétaire général de section du FPI à Washington), Brizoa Kouassi (représentant
aux USA du PDCI), Diomandé Moussa (porte-parole du RDR aux USA) et Tiémoko
Coulibaly (président de l’Alliance Nouvelle Vision ou ANV) ont tous convenu que
les élections d’octobre puissent se tenir comme stipuler dans les accords 1633 de l’
ONU.
Répondant à la question du journaliste Mathieu Bouabré sur l’origine de la guerre,
Franck Zoko a soutenu que l’origine de la crise ivoirienne trouve son explication dans
le fait que les “prétendants au pouvoir refusent l’ordre normal des choses et préfèrent
les raccourcis pour atteindre leur objectif”.
Réagissant à cette réponse, Diomandé Moussa a montré que les mêmes causes
produisant les mêmes effets, les élections d’octobre 2000 seraient à la base de cette
crise avec l’exclusion des candidatures de MM. Ouattara et de Bédié. “Le Chef de l’
Etat lui-même n’a-t-il pas reconnu qu’il est venu au pouvoir dans des conditions
calamiteuses?”, a-t-il interrogé.
Quant au Dr Tiémoko Coulibaly, il attribue la responsabilité de la crise que traverse la
Côte d’Ivoire aux trois leaders politiques. “Gbagbo, Bédié et Ouattara sont les
maux du pays.” C’est pourquoi il préconise une nouvelle génération pour “chasser
ce trio infernal de la scène politique ivoirienne”.
Le représentant du PDCI, Brizoa Kouassi, a montré que la crise actuelle reste la
conséquence du coup d’Etat de décembre 1999. “Que tous ont promis et applaudi”
Revenant au sous-thème suivant relatif à la communauté internationale, Dr Coulibaly a
nié l’existence d’une communauté internationale. “La communauté internationale n’
existe pas. La crise ivoirienne est gérée par les puissances étrangères qui
ont intérêt à ce qu’elle perdure. Voyez-vous, aujourd’hui, grâce à cette crise,
le Burkina Faso qui ne possède pas un seul pied de cacaoyer est devenu
subitement producteur mondial de cacao. Et la France qui gère le conflit
ivoirien ne lâchera pas prise tant qu’il ne placera pas un de ses pions au
Palais du Plateau”, a longuement expliqué le président-fondateur de l’ANV.
MM. Diomandé et Kouassi ont loué le mérite de la communauté internationale et
particulièrement de la France qui n’ont ménagé aucun effort pour arrêter ce qui aurait
pu être un énième génocide.
Au chapitre de la méthode Banny, tous ont reconnu le mérite du gouverneur de la
BCEAO. “Il y a un constat général, soutient M. Zoko, depuis qu’il est au pouvoir, le
Premier ministre Banny a réussi à faire baisser la tension sociopolitique. Mais là où le
peuple l’attend, c’est de procéder au désarmement, d’entreprendre l’identification
pour que les élections se tiennent une bonne fois pour toutes”. Sur ce point, si M.
Diomandé du RDR reconnaît la force de Banny, il ne partage pas la même vision que
le FPI. Pour lui, il faut identifier la population avant d’aller au désarmement, parce que
la crise actuelle trouve son essence dans le fait que certains Ivoiriens, se sentant
frustrés d’être classés citoyens de deuxième rang, ont pris les armes comme dernier
recours. Un avis que rejette Dr Tiémoko Coulibaly: “Soyons sérieux. Comment
voudriez-vous, avec tout le bon sens que je vous connais, identifier les gens
alors que le nord est occupé par des rebelles en armes?”, a-t-il demandé.
Au dernier point relatif à la contribution de la diaspora, les invités ont demandé à leurs
camarades de partis de tendre la main aux autres frères et sœurs ivoiriens. “Nous
devons servir d’exemple de bonne ambiance, de pardon et de réconciliation”, a
expliqué M. Zoko.
Pour conclure, les invités du jour ont reconnu que la crise a assez duré. Ils ont
unanimement lancé un appel aux protagonistes à jouer franc-jeu pour que les
élections aient lieu effectivement au mois d’octobre. “Il faut arrêter de faire souffrir le
peuple”, a lancé un participant à cette conférence. “Pour un coup d’essai, c’est un
coup de maître”, a reconnu M. Dodiar K., premier conseiller de l’ambassade de Côte d’
Ivoire aux USA. “C’est une expérience a recommencé. Pour la Côte d’Ivoire, pour la
paix”, a-t-il conseillé.
Auteur: Phil Nomel Correspondant aux USA
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A. N. V
La conférence publique organisée, samedi dernier,
par le journal en ligne Ivoire Forum a tenu toutes
ses promesses à la salle de conférence
“Chesapeake” du Crowne Plaza hotel, à Washington
DC. Celle de réunir autour d’une table les partis
politiques ivoiriens représentés aux Etats-Unis et
surtout d’avoir pu rassembler un nombre record d’
Ivoiriens de différentes chapelles politiques dans la
même salle.
Réunis autour du thème: “Côte d’Ivoire, d’où viendra
la paix?”