QUATRE RUPTURES SALVATRICES ET
URGENTES DANS LES RELATIONS
NEOCOLONIALES ENTRE
LA COTE D’IVOIRE ET LA FRANCE
D’amblée, disons-le nettement : Les relations entre la France et
la Cote d’Ivoire ne seront plus jamais les mêmes à l’issue de
cette crise et devront être revisitées sur la base des intérêts de
la Cote d’Ivoire, de l’Afrique et du panafricanisme. La Cote d’
Ivoire regorge d’élites de talent, formées aux meilleures
universités internationales capables de la propulser dans la
modernité en rompant l’ère humiliante du paternalisme et du
néocolonialisme français. La mondialisation offre à la Cote d’
Ivoire une énorme possibilité de construire sur tous les
continents de nouveaux partenariats profitables et de mettre fin
à un tête- à - tête défavorable avec une ancienne puissance
coloniale en perte de vitesse sur la scène internationale mais
nostalgique de son passé impérial.

La Cote d’Ivoire, sous la pression notamment de la nouvelle
génération, ne pourra plus faire l’économie de quatre ruptures
salvatrices en vue d’un nouveau départ de coopération basée
sur la transparence, la dignité et le respect mutuel :  

1) – La base militaire française doit quitter la Cote d’Ivoire
le plus tôt possible et ne pourra de toutes façons plus s’y
maintenir ;

2) – Tous les accords économiques qui ont vu tous nos
secteurs stratégiques livrés de gré à gré (par des
politiciens a la mentalité de colonisé) et dans l’opacité à la
France sans appel d’offres devront être revus sur la base
des règles de la transparence internationale ;

3) – Le Franc CFA (Francs des Colonies Françaises d’
Afrique), géré par le trésor français, symbolise à la fois l’
irresponsabilité monétaire africaine ainsi que la
domination française et la Cote d’Ivoire doit prendre l’
initiative, en liaison avec ses partenaires africains
progressistes, d’une reforme fondamentale rapide en la
matière visant à remplacer le FCFA par une monnaie
gérée par les Africains eux-mêmes, ou à tout le moins par
les Ivoiriens

4) – La Cote d’Ivoire ne participera plus aux sommets
Franco-africains, folklore ou l’ancienne puissance
coloniale étale sa suprématie impériale face à ses sujets
dociles servant de décor à une opération de relation
publique, mais militera pour leur remplacement par des
sommets Afrique-Europe plus adaptés à la réalité
internationale actuelle.

Si la question de l’ivoirité est en passe d’être résolue vu qu’elle a
été prise en compte dans tous les accords internationaux sur ce
pays à travers le problème de la nationalité, de l’identification et
des incitations à la haine, c’est désormais le thème de la tutelle
française si visible, si lourde, si humiliante, qui va s’imposer et
prendre la relève tant celle-ci est devenue un obstacle objectif à
la résolution de la crise et qu’elle représente pour la population
ivoirienne, dont l’écrasante majorité est née après la
colonisation, un thème central, récurrent et particulièrement
sensible, surtout pour la jeunesse. C’est qu’au-delà de la
résolution de la crise ivoirienne, la France, à travers ses
autorités dont l’archaïsme ne surprend plus, se débat comme un
beau diable pour continuer de contrôler la Côte d’Ivoire en
cherchant à manipuler, amadouer ou contrôler divers acteurs,
pays de la région, organisations internationales impliquées dans
la résolution de la crise en vue de la défense de ses propres
intérêts. Mais les intérêts de puissance de la France ne sont ni
ceux de la Côte d’Ivoire ni en principe ceux de la communauté
internationale qui est tenue d’agir de façon impartiale.

De plus, cette tendance hégémonique et paternaliste voire
colonialiste de Jaques Chirac – dont la génération fait
visiblement très difficilement le deuil de la période coloniale -  
n’est pas de nature a favoriser une relation apaisée entre la
Côte d’Ivoire et la France, entre les deux peuples unis par une
longue histoire et qui sont appelés à coopérer de façon sereine,
c’est- à -dire sur la base du respect des uns et des autres et de
la transparence. Le jeu malsain de la France ne passe plus
inaperçu aux yeux de la population même si elle a réussi à
domestiquer certaines élites locales de la vieille génération
(Bedie, Ouattara, Banny) qui vivent dans le passé et croient
encore que sans le soutien de la France, elles ne peuvent
arriver au pouvoir ou s’y maintenir. Ces élites qui trahissent se
trompent d’époque : l’écrasante majorité de la population
ivoirienne, née après l’indépendance, est contre l’hégémonie
française et ce sont les citoyens ivoiriens qui voteront au
moment des élections et non Jacques Chirac et ses amis.

En réalité, une révolution est en cours en Côte d’Ivoire, c’est
celle de la lutte pour cette indépendance que les Houphouët et
le PDCI ont constamment combattue entre 1946 et 1960. Cette
révolution aura un impact énorme non seulement dans la sous-
région mais en Afrique ou les aspirations à la souveraineté et à
la dignité sont de plus en plus fortes parmi les nouvelles
générations. Cette révolution ivoirienne est porteuse de
renaissance pour toute l’Afrique et doit bénéficier du soutien de
tous les leaders africains visionnaires et des peuples africains
qui refusent l’humiliation néocoloniale.

La crise actuelle, au-delà de la question de l’ivoirité, de la
démocratie, est donc une mobilisation patriotique des Ivoiriens,
toutes tendances confondues, pour la souveraineté, l’
indépendance et la fin de la tutelle française. C’est dire qu’il s’
agit d’une mobilisation contre le néocolonialisme français et ses
valets locaux. Cette lutte est aussi une lutte pour l’Afrique
francophone dont la plupart des pays demeurent sous tutelle de
la France. Ce sentiment patriotique des Ivoiriens s’est accru d’
autant plus qu’ils ont le sentiment que trop de pays étrangers,
trop de mains étrangères profitent de leur traversée du désert
pour vouloir contrôler leurs richesses, pour leur imposer leur
diktat, pour les rabaisser, les ridiculiser, les humilier. Avec la
complicité sur le plan local de leaders d’opérette, sans éthique,
sans vision, corrompu, prêts à tout pour s’emparer du pouvoir et
de la richesse. Hier le colonialisme trouvait ses valets indigènes
sur lesquels il s’appuyait, aujourd’hui on assiste au même
phénomène de ces politiciens immatures prêts à vendre leur
pays pour quelques miettes. L’histoire ne leur est jamais
clémente. Ils devront justifier leur trahison devant le peuple.



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La Cote d’Ivoire ne
participera plus aux
sommets Franco-
africains, folklore ou l’
ancienne puissance
coloniale étale sa
suprématie impériale
face à ses sujets dociles
servant de décor à une
opération de relation
publique, mais militera
pour leur remplacement
par des sommets
Afrique-Europe plus
adaptés à la réalité
internationale actuelle.

   
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